Dona Zefa da Guia

Engagement et dévouement d’une sage-femme traditionnelle au Brésil
Dona Zefa da Guia

Dona Zefa da Guia croit qu’aider les femmes lors de l’accouchement est une vocation et un don divin. Avec l’aide des herbes médicinales, rites spirituels et des saints excommuniés, Dona Zefa aide des centaines des femmes à donner naissance à leurs bébés, dans un Brésil encore profondément lié au passé. J’ai documenté le travail de cette sage-femme traditionnelle dans un petit village isolé nommé Quilombola situé au nord-est du Brésil. Elle est illettrée et dans son “cabinet” elle adopte un mélange de traditions afro-indigènes et catholiques, qu’elle associe à son expérience et sa forte sensibilité. Elle est le personnage central de sa communauté et de mon reportage. Elle marche si nécessaire des kilomètres pour rendre visite à ses “patientes”. La préfecture lui a accordé une espèce de “maternité” un peu improvisée, qui sert de maison de naissance et de dépôt pour stocker des aliments pour la distribution des “cestas básicas” (paniers alimentaires distribués par l’ancien gouvernement du Parti de Travailleurs). Les femmes accouchent à côté des paquets de ris, farine, haricots noirs, etc. Elle est très contente avec son nouveau local et s’apprête à me montrer comment elle est bien installée, après plusieurs années de pratique sans aucune reconnaissance concrète.

Dona Zefa est une de 60.000 sages-femmes traditionnelles actives au Brésil. Elles “opèrent“ sans aucun salaire ni reconnaissance du gouvernement brésilien. Les sages-femmes traditionnelles de ces régions rurales du Brésil ainsi que celles de régions indigènes* (réserves) sont souvent la SEULE option capable d’aider les femmes à donner naissance. Le Brésil est un pays très vaste et il existe des grandes différences entre les classes sociales et les régions du pays. Dans les riches capitales du sud et du sud-est du Brésil les futures mamans peuvent compter avec la meilleure technologie et assistance hospitalière, alors que dans les régions éloignées et pauvres donner naissance sans un médecin ou une sage-femme diplômée est la règle.

Le Ministère de la Santé semble enfin commencer à soutenir des projets de loi pour protéger ces femmes au lieu de les ignorer, voire de s’y opposer. Les sages-femmes traditionnelles sont normalement très humbles et celles qui proviennent des régions rurales et pauvres comme Dona Zefa n’ont aucun diplôme et sont parfois analphabètes. Leur existence simple est vouée à leur mission: aider les femmes de leur communauté à donner naissance, ou comme disent les sages-femmes traditionnelles: “puxar criança” qui signifie littéralement “tirer les enfants”.

La reconnaissance de cette “profession” par le gouvernement brésilien serait fondamentale, principalement dans des certaines régions pauvres du Brésil comme par exemple l’Amazonie où les distances sont énormes, avec peu de cabinets médicaux et un déficit de médecins désirant travailler dans ces endroits. Dona Zefa et les sages-femmes traditionnelles sont en train de se battre pour bénéficier de cette reconnaissance et d’une aide simple mais concrète comme par exemple un kit de travail, un salaire minimum et peut-être une retraite pour faciliter leur vieillesse après avoir dédié leur vie entière à cette mission.

La question principale est : Combien leur don vaut-t-il ? Le terme « don » est volontairement utilisé puisque la plupart des sages-femmes croient que c’est Dieu qui leur a appris comment aider à donner naissance. Dona Zefa par exemple, croit que son don vient directement de Dieu, elle croit aussi que quand elle opère un esprit d’un infirmier vient sur Terre pour l’aider (le Brésil est très éclectique et tolérant en matière de spiritualité).

Quand je réalisais ce reportage, le gouvernement était en train de discuter de la possibilité de donner un salaire minimum à ces femmes; une députée soutenait un projet de loi visant à améliorer la vie de sages-femmes traditionnelles. J’ai cherché des informations récentes sur ce sujet et il semble que le projet avance, mais sans mise en œuvre concrète pour le moment. Le débat est actuel, la société a pris conscience de leur existence, mais les améliorations ne sont pas encore là.

Les statistiques démontrent qu’au moins 400.000 naissances par année se pratiquent à domicile dans ces zones rurales, réserves indigènes et distantes de grands centres urbains. Les naissances à l’hôpital public coûtent au gouvernement brésilien environ 100 Euros. Les sages-femmes traditionnelles demandent env. 4,50 Euros par naissance. Leur assistance couvre toute la grossesse. Elles apprennent aux femmes sans ressources les règles de base de l’hygiène et elles les sensibilisent aux questions de sexualité et même de la violence domestique. Elles sont en quelque sorte des conseillères souvent très respectées. Elles pourraient être des alliées très efficaces du gouvernement dans sa lutte pour le contrôle de la natalité, un thème très important dans ces régions.

Il y a aussi un autre point très délicat quand on parle de naissance avec l’aide d’une sage-femme traditionnelle au Brésil : les “Indios” pratiquent l’accouchement naturel à domicile. Ces femmes indigènes accouchent de cette manière depuis des siècles et pour elles l’hôpital est un endroit étranger, assimilé à l’homme blanc. Parfois elles ne parlent même pas bien le portugais. Pour elles donner naissance a une connotation spirituelle qui est difficilement compatible avec un accouchement à l’hôpital, tel que le pratique les femmes vivant en milieu urbain, comme à de Rio de Janeiro ou São Paulo D’ailleurs cette nouvelle génération de femmes vivant en milieu urbain exprime justement de plus en plus le souhait de s’écarter du modèle traditionnel afin de bénéficier de sage-femme « certifiées ». C’est la nouvelle tendance de l’humanisation de l’accouchement et c’est un autre reportage et une autre réalité, d’autres images à suivre.

  • Comprenant un grand nombre de groupes ethniques qui vivaient dans le pays avant l’invasion européenne.

Verpflichtung und Hingabe einer traditionellen Hebamme
Geburtshilfe in Brasilien
Dona Zefa da Guia

Dona Zefa ist überzeugt, dass Ihre Geburtshilfe eine Berufung sei; ein himmlisches Geschenk. Mit der Hilfe von Heilkräutern, spirituellen Bräuchen und exkommunizierten Heiligen, hilft Dona Zefa hunderten von Frauen Ihre Kinder zur Welt zu bringen, in einem traditionellen Land wie Brasilien. In einem abgelegenen Dorf namens Quilombola, im Nordosten von Brasilien, arbeitet Dona Zefa als ländliche Hebamme. Als ungebildete Frau, vereint Sie in Ihrer Tätigkeit antike Afro-Indigen Bräuche und traditionellen Katholizismus, zusammen mit viel Lebenserfahrung und Feingefühl. Damit ist Sie die zentrale Figur für Ihre Gemeinde.

In Brasilien wirken fast 60’000 traditionelle Hebammen. Diese “arbeiten” ohne jegliche Entlohnung und Anerkennung seitens der brasilianischen Regierung. Traditionelle Hebammen sind in ländlichen Regionen Brasiliens und in den *indigenen Regionen oftmals die EINZIGEN Personen, welche Geburtshilfe leisten. Brasilien ist ein riesiges Land mit grossen sozialen Unterschieden, mit extrem wohlhabenden und extrem armen Regionen. In den reichen, zentral gelegenen Großstädten, können sich die werdenden Mütter auf modernste Technologie und Spitalpflege verlassen, derweil in den abgelegenen, ärmeren Regionen, gebären ohne jegliche ärztliche Hilfe die Regel ist. Erst kürzlich scheint das Gesundheitsministerium eingesehen zu haben, dass es vernünftiger wäre, diese mutigen Hebammen zu unterstützen oder zumindest Ihre harte Arbeit zu erleichtern, anstatt Ihnen Steine in den Weg zu legen. Traditionelle Hebammen sind meistens sehr bescheidene Frauen und ohne jegliche Ausbildung, praktisch analphabetisch.

Ihr einziger Lebenszweck ist Frauen Ihrer Gemeinschaft beim gebären zu helfen, oder wie es auf portugiesisch heisst “puxar criança” was buchstäblich bedeutet : Kinder herausziehen. Diese Hebammen werden in der Gemeinde sehr respektiert, da wegen den grossen Distanzen zwischen den kleineren Dörfern und den “grossen Städten” eine Heimgeburt mit traditioneller Hebamme die einzige Lösung ist. Die Anerkennung dieses Berufstandes wäre jedoch sehr wichtig, da in vielen Regionen wie z.B. im Amazonasgebiet, die ärztliche Versorgung auf dem Lande äusserst prekär ist, da sich nicht genügend Ärzte in diesen finanziell unattraktiven Gegenden finden lassen. Diese Hebammen kämpfen für eine minimale Anerkennung, wie z.B. Mindestlohn, medizinische Grundausrüstung und einen Pensionsplan für Ihre harte und hingebungsvolle Mission.

Die Hauptfrage lautet: wieviel ist Ihr Geschenk wert? Ich meine Geschenk, da die meisten Hebammen glauben, dass Gott Ihnen beigebracht habe, Kinder auf die Welt zu bringen. Ich habe Dona Zefa persönlich kennengelernt: eine äusserst respektierte traditionelle Hebamme welche überzeugt ist, dass Gott persönlich Ihr diese Gabe gegeben hat und Ihr während der Geburtshilfe der Geist eines Pflegefachmannes zur Seite stehe (Brasilien ist sehr tolerant und vielseitig in spirituellen Angelegenheiten).
Einige brasilianische Regionen haben ein Projekt, den Hebammen € 4,50 per Geburt zu bezahlen. Dieser Beitrag wäre ein guter Start, da die meisten von Ihnen für Ihre Geburtshilfe lediglich einen Früchtekorb oder ein lebendiges Huhn erhalten. Statistiken zufolge werden jährlich mindestens 40’000 Geburten in diesen ländlichen und weit abgelegenen Regionen vorgenommen. Andererseits kostet eine Spitalgeburt dem brasilianischen Staat fast € 100. Die Arbeit der Hebamme erstreckt sich über die ganze Schwangerschaft hinweg und für viele ärmere Frauen ist diese Unterstützung sehr wichtig. Sie unterrichten diesen werdenden Müttern Grundhygiene, Sexualität und reden sogar über häusliche Gewalt. Die Hebammen agieren als Gemeindeberaterinnen und werden dafür sehr geschätzt und respektiert. Für die Regierung könnte die Hebamme eine wertvolle Hilfe sein, um ärmere Frauen über die Empfängnisverhütung aufzuklären, was ein wichtiger Aspekt in diesen Regionen darstellt.

* beinhaltet eine grosse Zahl von ausgeprägten ethnischen Volksgruppen, welche das Land vor der europäischen Invasion von ca. 1500 bewohnten.

 

 

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